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Histoire de la médecine
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extrait su site IMA :
http://www.imarabe.org/perm/mondearabe/theme/docs/4.html
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Au Moyen âge, les Arabes sont les pionniers de la recherche médicale. Ils ont conservé les savoirs de l'Antiquité et les enseignements d'Hippocrate et de Galien. En particulier, ils reprennent la théorie des quatre humeurs, selon laquelle les maladies résultent d'un déséquilibre entre la bile, le phlegme, le sang et l'atrabile qui gouvernent le corps et la personnalité. Les traitements consistent à rétablir la pondération initiale par la prescription de remèdes et d'une alimentation choisis. Les docteurs arabes développent ces savoirs en s'appuyant sur une conception logique des affections et une approche méthodique. Ainsi, ils inventorient et décrivent les symptômes, ils améliorent l'art du diagnostic et la pratique clinique et posent les règlements de la profession. Les apports sont nombreux et favorisés par la construction d'hôpitaux (Bagdad, Le Caire, Damas, Samarkand) contrôlés par un maître, la diffusion des principes d'hygiène (asepsie et isolation des contagieux à une époque où, en Europe, on pensait que la lèpre et la peste se transmettaient par le regard) et encore par une abondante pharmacopée, alimentée par le commerce caravanier ou maritime. Plantes, drogues animales, extraits minéraux entrant dans la composition des emplâtres, onguents, cataplasmes, cachets. Le Canon d'Avicenne, cette monumentale encyclopédie, présente et classe près de 800 remèdes et le vocabulaire conserve les traces de cette inventivité chimique et pharmacologique, ou des termes arabes passés dans toutes les langues : drogue, alambic, alcool, benjoin, benzène, élixir, soude, talc, ambre, safran, santal, sénéÖ La grande figure du génie médical est bien entendu Avicenne (Ibn Sinà, 980-1037), qui commença à exercer à l'âge de 16 ans et à qui l'on doit les descriptions de la méningite, de la pleurésie et plus de 100 ouvrages médicaux et philosophiques. San Canon fut traduit, puis publié en Europe, en 1473, pour la première fois. Au siècle suivant, on comptait 36 éditions. |
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extrait du site Histoire des
sciences
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Apports de la médecine arabe
Les arabistes ont élevé les exigences de la profession en
mettant l’accent sur les examens que devaient passer les médecins avant de
pouvoir exercer. Ils ont introduit de nombreuses substances thérapeutiques et
ont excellé dans les domaines de l’ophtalmologie et de l’hygiène publique.
Globalement, leur compétence était plus importante que celle des médecins de
l’Europe médiévale.
Mais c’est au VIIIe siècle, à Bagdad, que la médecine
prend son essor. En 705, le calife Mansur, malade, demanda qu’on lui fît
venir le meilleur médecin de son empire. On lui désigna Djurdjis ben Djibril,
chef des médecins de Gondeshapur, qu’il envoya chercher sur-le-champ. Dès
cette époque, la faveur des princes à l’égard de ces cliniciens, et en particulier
de la famille des Bukhtishu‘, ne se démentit pas. C’est ainsi que Djibril ben
Bukhtishu‘ demeura au service de
Harun al-Rashid pendant vingt-trois ans, puis
qu’il s’acquitta de la même fonction auprès d’al-Amin et enfin d’al-Ma’mun.
Sous la puissante impulsion du
calife Ma’mun s’organisa un intense
mouvement de traduction de l’héritage scientifique et philosophique de
l’Antiquité, qui représente un des événements culturels les plus importants
de l’histoire. Ma’mun s’appuya en cette entreprise sur un homme de génie,
Hunayn ben Ishaq (m. en 873), que le docteur Leclerc, dans sa célèbre
Histoire de la médecine arabe , ne craint pas d’appeler "la plus grande
figure du IXe siècle".
Originaire d’une tribu chrétienne des environs de Hira,
Hunayn parvint à maîtriser parfaitement les quatre principales langues de son
époque : l’arabe, le persan, le grec et le syriaque. Il apprit également la
médecine sous la direction des maîtres chrétiens d’alors. Mieux que
quiconque, il était donc préparé pour la tâche immense qu’allait lui confier
Ma’mun. Il accompagna la mission chargée de se rendre à Byzance pour y chercher
de bons manuscrits, puis il s’entoura d’une excellente équipe de traducteurs
et l’on se mit à l’œuvre. L’activité de Hunayn lui-même dépasse l’imagination
: il traduisit ou révisa non seulement des œuvres de Platon, d’Aristote,
d’Autolycus, de Menelaüs, d’Apollonius de Tyane, d’Alexandre d’Aphrodise,
d’Arthémidore, mais également la plupart de celles d’Hippocrate, de Galien et
de Dioscoride, les trois auteurs qui sont à la base de toute la science
médicale chez les Grecs, et qui le restèrent pour les Arabes. Ces ouvrages
devinrent essentiels pour tous ceux qui voulaient apprendre la médecine; on
en fit des résumés, des commentaires, des extraits, et, enrichis par
l’expérience des médecins arabes, ils inspireront les grands traités
ultérieurs. Mais Hunayn, outre cette extraordinaire activité de traducteur,
composa lui-même une centaine d’ouvrages dont la majeure partie a trait à la
médecine. Il se rendit célèbre dans le Moyen Age latin principalement par son
Ars parva Galeni , connu aussi sous le nom de Isagoge Johannitii . Trois
autres de ses livres eurent une influence prépondérante en Orient: les
Questions médicales , sorte d’introduction à la médecine générale sous forme
de questions et de réponses, selon un procédé cher aux écrivains de cette
époque; les Dix Discours sur l’œil et enfin les Questions sur l’œil.
Cette intense production scientifique, ainsi que la mise
en application des principes transmis par les Grecs – enrichis de traditions
provenant de l’Iran et des Indes –, ne tarda pas à porter ses fruits. L’art
médical se répandit. Les précieux manuscrits parcoururent les vastes contrées
de l’empire musulman. Des hôpitaux furent construits et les califes nommèrent
à leur tête des médecins éminents, parmi lesquels le plus grand est sans
contredit
Abu Bakr al-Razi (m. en 923), le
Rhazès des Latins du Moyen Age.
Rhazès fut le moins dogmatique de ses confrères, comme le
montre le journal de clinique dans lequel il notait soigneusement les progrès
d’une maladie et les résultats du traitement. L’œuvre de Rhazès est une
véritable encyclopédie, comme ce fut le cas pour la plupart des grands
auteurs médiévaux. La liste établie par Biruni mentionne cinquante-six
traités médicaux, trente-trois ouvrages consacrés aux sciences de la nature,
huit à la logique, dix aux mathématiques, dix-sept à la philosophie, six à la
métaphysique, quatorze à la théologie, vingt-deux à la chimie et dix portant
sur des sujets variés.
Le plus célèbre des ouvrages médicaux de Rhazès traite de
la variole et de la rougeole ; les traductions latines médiévales lui donnent
le titre de De variolis et morbilis , ou parfois de Liber de pestilentia . Ce
n’est plus une simple démarcation d’Hippocrate ou de Galien, mais un traité
original, fondé sur des observations personnelles, patientes et minutieuses,
et qui constitue le premier que l’on possède sur les maladies infectieuses.
La variole et la rougeole y sont décrites avec précision, avec les symptômes
qui les différencient. Dans l’examen de l’évolution de la maladie, Rhazès
conseille de prêter grande attention au cœur, au pouls, à la respiration, aux
excreta. Il remarque qu’une haute température favorise l’éruption; il
prescrit des mesures pour protéger les yeux, le visage, la bouche et pour
éviter de profondes escarres.
On peut citer en deuxième lieu le Kitab al-tibb al-Mansuri
(en traduction latine Liber medicinalis ad Almansorem ),qui est une
encyclopédie de médecine pratique composée de dix traités, selon un plan
dépendant presque uniquement de sources grecques: l’anatomie, les
tempéraments, l’hygiène, les maladies de la peau, les médicaments simples, la
diététique des voyageurs, la chirurgie, les poisons, le traitement des
diverses maladies, les fièvres. Enfin, l’ouvrage le plus considérable de
Rhazès est son fameux Kitab al-hawi fi l-tibb , devenu en latin le Continens
, c’est-à-dire ce qui contient toute la médecine. A la même époque que
Rhazès, un grand médecin juif, Ishaq ben Sulayman al-Isra’ili, connu en
Occident sous le nom d’Isaac Judaeus, exerça à Kairouan, en Tunisie, où il
fut surtout célèbre comme oculiste.
Ses livres sur les éléments, sur les fièvres, sur l’urine
furent traduits en latin au Moyen Age par
Constantin l’Africain.
Son Guide du médecin , dont l’original arabe est perdu, a été conservé dans
sa traduction hébraïque. Traduit en latin, son traité Des particularités de
la diète fut imprimé à Padoue en 1487 et se trouve être ainsi le premier
ouvrage de diététique à figurer dans les annales de l’imprimerie. Le meilleur
élève d’Isaac Judaeus fut le musulman Ibn al-Djazzar, ou Algazirah,
originaire de Tunisie, mort en 1009. Son Zad al-musafir fut traduit par
Constantin l’Africain en latin sous le titre de Viaticum peregrinantis , puis
en grec sous celui de Ephodia.
Comme l’Afrique du Nord, l’Espagne musulmane eut bientôt
elle aussi ses médecins, ses pharmacologues et ses botanistes. Les Arabes,
qui s’en étaient emparé dès le début du VIIIe siècle – et devaient y demeurer
sept siècles –, y acclimatèrent de nombreuses plantes utiles: le dattier, la
canne à sucre, le riz, le coton, l’oranger, etc.; dans le Sud, ils
cultivèrent des plantes médicinales qui y réussirent admirablement. C’est
Cordoue qui fut en Espagne le foyer culturel et scientifique le plus
important. Parmi les maîtres qui illustrèrent la science médicale, trois sont
postérieurs à
Avicenne : Abhomer ou
Avenzoar (Abu Marwan
Ibn Zuhr, m. en 1178?),
Averroès (Ibn Rushd,
m. en 1198) et Maimonide (Abu ‘Imran Musa ben Maymun ben ‘Abd Allah, m. en
1204),
Abulcasis (Abu
’l-Qasim al-Zahrawi, m. en 1013) est, lui, antérieur à Avicenne. Il est, chez
les Arabes, le meilleur représentant de la chirurgie, domaine dans lequel son
ouvrage Al-Tasrif eut la même autorité que le Canon d’Avicenne en médecine.
La partie de cette œuvre (le trentième traité) qui est spécialement consacrée
à la chirurgie a été éditée à part et constitue le premier écrit médical qui
donne des figures d’instruments de chirurgie. Le Tasrif contient trois livres.
Le premier a trait à la cautérisation, dont l’abondant usage dans la médecine
arabe remonte à une recommandation du prophète; Abulcasis conseille d’y
recourir dans divers cas de désordres chirurgicaux mais aussi dans
l’apoplexie, l’épilepsie, les dislocations de l’épaule, de même que dans
l’hémorragie artérielle, après avoir pratiqué au préalable une compression
avec les doigts. Le deuxième livre décrit les interventions pour lesquelles
on fait usage du bistouri, ainsi que la chirurgie oculaire et dentaire,
l’opération de la pierre, l’obstétrique, l’extraction des flèches, etc.; il
recommande l’emploi des dents artificielles en os de bœuf; il dépeint
également les méthodes de traitement des blessures, les nombreuses sutures
possibles, les instruments à utiliser. Enfin, le troisième livre traite des
fractures et des luxations, et mentionne la paralysie consécutive à la
fracture de l’épine dorsale; il décrit la position gynécologique, connue sous
le nom de "position de Kalcher", et signale certains appareils
gynécologiques.
La médecine musulmane atteint son sommet avec
Avicenne.
Avicenne ne se contente pas de compléter ses devanciers:
il apporte sa propre expérience. C’est ainsi qu’il distingue la médiastinite
de la pleurésie, reconnaît le caractère contagieux de la tuberculose, la
transmission des épidémies par l’eau et la terre; il signale qu’il a
expérimenté la vertu de l’ail contre le venin de serpent, etc. Le Canon
d’Avicenne a été étudié avec ardeur et abondamment commenté, pendant des
siècles, par les médecins musulmans qui en firent également des résumés. L’un
des plus célèbres, Al-Mudjiz al-Qanun , est dû à
Ibn al-Nafis;
celui-ci, originaire de Damas, travailla au Caire, où il mourut en 1288, et
fut nommé chef des médecins d’Egypte. En 1924, dans sa thèse à l’université
de Fribourg-en-Brisgau, un jeune médecin égyptien, le docteur Tarawi, a
montré, à partir du texte inédit du commentaire d’Ibn al-Nafis sur l’anatomie
d’Avicenne, que le médecin damasquin y prenait le contre-pied de Galien et
d’Avicenne et qu’il avait décrit d’une manière à peu près exacte la petite
circulation, ou circulation pulmonaire, près de trois siècles avant la
découverte de celle-ci par Michel Servet (1556) et Rinaldo Colombo (1559). La contribution arabe à la médecine
médiéval européenne
L’Europe médiévale précoce souffrait d’une désorganisation
complète de la communauté médicale laïque. Afin de subvenir aux besoins
médicaux, une forme de médecine ecclésiastique a vu le jour, tirant son
origine des hôpitaux monastiques. Elle s’est rapidement développée sous forme
d’institutions charitables conçues pour soigner les nombreux patients
atteints de la lèpre ou d’autres maladies. Les bénédictines étaient tout
particulièrement actives dans ce domaine, recueillant et étudiant les textes
médicaux anciens dans leur bibliothèque du Mont-Cassin en Italie. St Benoît
de Nursie, fondateur de l’ordre, obligeait les membres de celui-ci à étudier
les sciences et en particulier la médecine. L’abbé de Mont-Cassin,
Bertharius, était lui-même un grand médecin. à l’époque du théologien franc,
Rabanus Maurus, Fulda devint un centre d’enseignement célèbre en Allemagne.
Au IXe siècle, en raison des efforts de Charlemagne, le Saint Empereur
romain, la médecine a été introduite dans l’enseignement des écoles cathédrales.
Au contraire, l’ecclésiastique français, St Bernard de Clairvaux interdisait
aux moines cisterciens l’étude des ouvrages médicaux ainsi que l’utilisation
d’autres remèdes que les prières.
Au cours des IXe et Xe siècles, l’ancienne station sanitaire
de Salerno, près du Mont-Cassin, est progressivement devenue un centre
médical reconnu. Au début du XIe siècle, la première école de médecine
occidentale fut construite à Salerno. L’enseignement, d’ordre pratique et
séculier, mettait l’accent sur l’alimentation et l’hygiène personnelle. Le
médecin et traducteur italien
Constantin l’Africain,
qui devint moine bénédictin et se retira à l’abbaye du Mont-Cassin,
traduisit, de l’arabe en latin, de nombreux classiques médicaux grecs pour
les élèves de Salerno et du Mont-Cassin. Au XIIe siècle, l’instruction
médicale est devenue de plus en plus théorique et scolastique. Elle s’est
étendue à l’école médicale de Montpellier et, plus tard, aux universités de
Paris, d’Oxford et de Bologne. à la fin du XIIe siècle, la renaissance de la médecine laïque et les restrictions apportées aux activités des cloîtres ont conduit au déclin de la médecine monastique. Mais, progressivement, la censure exercée par l’église sur le développement des sciences et de la médecine sera levée. Au XIIIe siècle, la dissection des corps humains est enfin autorisée et, à la fin de leurs études, les médecins doivent passer un examen devant leurs pairs avant d’exercer leur art. De strictes mesures d’hygiène sanitaire sont également prises, mais la médecine est encore, pour une grande part, fidèle aux anciens dogmes. Les scientifiques représentatifs de cette période sont le scolastique allemand St Albertus Magnus, un biologiste, et le philosophe anglais Roger Bacon qui a mené des recherches en optique. Roger Bacon a été le premier à suggérer que la médecine pouvait utiliser des remèdes produits par la chimie. Ce philosophe, considéré comme un penseur original et un pionnier de la science expérimentale, était pourtant dominé par l’autorité des auteurs grecs et arabes. En Italie, les universités de Bologne et de Padoue sont devenues, au XIIIe siècle, des centres médicaux de premier plan. à Bologne, des tentatives ont été faites dans le but de confirmer, par des dissections humaines, les concepts de l’anatomie classique. Les erreurs des anciens ont ainsi pu être levées et la médecine moderne a commencé son développement.
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extrait du
site Al-Bouraq http://www.guetali.fr/home/venus/histmed.htm
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Histoire de la médecine
Pendant des siècles, les
Arabes furent les meilleurs médecins du Proche Orient et de l'Espagne. Leurs
traites étaient même enseignés dans toutes les facultés de médecine d'Europe. Tout le monde sait que le prophète Mohammad (saw) délivra un enseignement oral que ses disciples rassemblèrent, après sa mort, dans le Coran, livre sacré de la religion musulmane. En revanche, on sait moins qu'il se comporta comme un véritable médecin. Ainsi, il délivrait ses soins aux blessés de ses expéditions, pour qui il faisait monter une tente refuge dans ses campements. Certains la considèrent comme le premier modèle de l'hôpital. De plus. il prodigua des conseils d'hygiène et de thérapeutique que ses disciples publièrent sous le titre de "Médecine du Prophète". Si Dieu a crée la maladie, disait Mohammad (saw), il a aussi crée le remède. En voici quelques exemples. L'administration de miel, la pose de ventouses et la cautérisation par le feu étaient conseillées contre la migraine, la fièvre et la pleurésie. les douches froides contre les maux de tête. Détail plus curieux, Mahomet recommandait les massages contre l'asthénie et les courbatures. Et il incitait les gens tristes et maussades - nous dirions aujourd'hui "déprimés"- a "contempler l'eau qui ruisselle, les jardins fleuris et les beaux visages, car ils constituent un enchantement pour l'âme et le corps". C'est de la médecine psychosomatique avant la lettre!
Des conseils toujours
d'actualité Mahomet, pour qui la diète était "la base de tout traitement", donnait cet ultime conseil au médecin: "Quand vous rendez visite a un malade. insufflez en lui toujours l'espoir, cela ne changera peut-être pas grand-chose au cours de la maladie, mais réconfortera l'âme du patient en lui donnant davantage de vigueur. Cette influence du moral sur le physique a été redécouverte et est employée de nos jours. Mahomet tenait l'hygiène pour importante. Soyez propres, répétait-il à ses disciples. car celui qui est propre entre au paradis, ou encore : ne vous exposez pas trop au soleil, car cela est mauvais pour la peau et peut réactiver des maladies sous jasantes. La richesse des observations médicales du Prophète explique l'extraordinaire succès des médecins arabes musulmans. Pendant des siècles, ceux-ci ont dispensé leur art non seulement autour de Bagdad et en Egypte, mais aussi dans leurs royaumes d'Espagne de 711 a 1492. Dans toutes les possessions régnait en maître un calife, successeur légitime de Mahomet. Chef religieux et politique, il détenait les pouvoirs qui sont actuellement ceux du roi du Maroc, souverain dans son royaume commandeur des croyants.
Les premiers remèdes
gynécologiques Les califes, généralement des gens cultivés, favorisèrent l'exercice de l'art médical par des savants éminents. Retenons trois noms parmi les plus illustres. Le plus ancien d'entre eux est Rhazes, ne en 850 et mort en 920. I1 exerçait en Perse, la base de sa doctrine, le bon sens : tant que tu peux soigner a l'aide d'un médicament simple, ne soigne pas avec un médicament composé. Il a écrit un aide de médecine, "le Continens" - que l'on peut traduire par le "contient tout" où se trouve la description de la plupart des maladies et de certaines techniques chirurgicales. I1 était ophtalmologiste et connaissait les travaux de Zeinab, femme de la tribu des Ben Aud, célèbre pour son traitement des ophtalmies. Zeinab, saluons-la au passage, est la première femme médecin musulmane de l'Histoire! Rhazes a décrit les goitres et quelques moyens de les soigner, il a relevé la présence de calculs dans la vessie et les reins, s'est inquiété de certaines paralysies des membres inférieurs et des malformations osseuses. Il a défini la différence entre 1a variole et la rougeole, et a caractérisé le rhume des foins, la première allergie connue! Rhazes est le précurseur de la gynécologie arabe : il soignait les maladies des organes génitaux par des injections et des tampons vaginaux imprégnés de produits médicamenteux a base de plantes. I1 mit au point des procédés de contraception et des moyens abortifs, telles que les fumigations du vagin, et l'introduction de tiges végétales ou métalliques dans l'utérus. Apres sa mort, Rhazes connut une telle notoriété que le roi de France, Louis XI, un malade perpétuel, voulut se faire prêter par la faculté de médecine de Paris le seul exemplaire du "Continens" qu'elle possédait. La faculté accepta a condition que le monarque dépose en gage une imposante quantité d'argenterie massive ! Avicenne est né en 980 et mort en 1037 a Ispahan. Il laisse une œuvre scientifique et médicale considérable. Son "Quanun Fit' Tibb", littéralement "les lois de la médecine", appelé, "Le Canon", fut traduit en latin et enseigné dans toutes les facultés d'Europe jusqu'au XVIIè siècle. I1 y avait tout dans ce livre, de l'inventaire des symptômes des maladies décrites jusqu'au XIè siècle a la description de la méningite et du diabète, sans oublier celles de l'apoplexie cérébrale et de certains états de démence. Remarquons que l'amour y est classe parmi les maladies cérébrales, au même titre que l'insomnie ou la mélancolie !
La chirurgie se développe Davantage érudit médical que médecin traitant au chevet du malade, Avicenne n'a pas connu l'œuvre du plus grand chirurgien arabe de son temps, Aboul Cassis (936-1013). Celui-ci vivait dans le califat de Cordoue, en Espagne. Chirurgien d'une grande habileté, il pratiquait presque toutes les interventions de son temps : réduction des luxations des articulations et immobilisation des fractures - pour la chirurgie osseuse, ablation des tumeurs bénignes et malignes, ligature des vaisseaux, broyage des calculs de la vessie, trépanation, amygdalectomie. excision des varices, etc. I1 a inventorié tous les instruments qu'il utilisait. Une somme chirurgicale telle que, près de trois cents ans après la mort d'Aboul Cassis, le grand chirurgien français Guy de Chauliac rédigea son ouvrage de chirurgie en citant cent soixante-treize fois le nom du maître de Cordoue ! Mais se limiter a la médecine et a la chirurgie ne donne qu'une faible idée des apports de la médecine arabe à la civilisation. Les médecins insistaient aussi sur l'hygiène corporelle (le lavage des dents, les hammams...) et sur la diététique. Ainsi, le raisin épépine est un bon laxatif. L'huile de sésame calme les irritations de la gorge, la carotte et la crevette font uriner et augmentent les performances sexuelles, le poireau soigne les hémorroïde et le couscous est bon pour les germes. Et un dernier conseil : "Ne dors pas trop longtemps. c'est nuisible a l'esprit. Ne veille pas trop, tes sens en seraient affaiblis." PIERRE BOURGET
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